Comité Régional CGT Pays de la Loire

AG de rentrée de l'UD 44 - rapport introductif

Vendredi 28 août, 130 camarades, représentants l’ensemble des Unions locales, l’USR, plusieurs secteurs professionnels et une cinquantaine de syndicats se sont réunis pour échanger et débattre sur l’actualité revendicative, la manière d’améliorer notre organisation et nous renforcer.

Après un été marqué par les fortes chaleurs, les incendies liés au capitalisme, les salaires bloqués à l’inverse des prix alimentaires et du carburant, il s’agissait aussi d’échanger entre syndicats CGT pour organiser la rentrée sociale et reprendre l’offensive.

Nous avons déjà un certain nombre d’initiatives déjà organisées : mobilisations sociales, événements pour faire vivre notre histoire sociale, journée d’études et débats... et le calendrier devrait se remplir encore plus dans les jours et semaines à venir.

Rapport introductif :

Bonjour les camarades,

Nous venons de vivre, un cuisant été 2026, avec une nouvelle séquence de records : cinq canicules se sont enchaînées, le mois le plus chaud jamais enregistré en France et dans les océans, 119 000 hectares brûlés avant même la fin du mois de juillet, des rivières réduites à des flaques. Depuis début juillet, quatre pompiers sont morts en intervention et plus de 300 ont été blessés, 7 300 morts victimes des pics de chaleur, chiffre provisoire, plus de 250 000 personnes évacuées prémisse de futur-es réfugié-es climatiques. Au-delà de ces chiffres brutaux, la crise climatique n’attend plus et les impacts du réchauffement climatique global viennent de nous heurter de plein fouet. Certains parlent même de bascule climatique.

Mais camarades, je vous pose la question : qui aurait pu prédire ?!

En fait tout le monde s’il est suffisamment informé ou curieux. Sauf Emmanuel Macron ! Et probablement aussi le RN, les écolos sous clim de la dernière heure.

Les climatologues le disent sans détour : rien de tout cela n’est une surprise. C’est exactement ce qui était annoncé depuis cinquante ans. Même les chercheurs des compagnies pétrolières l’avaient prédit dès les années 70. La question n’est plus ; quand cela va arriver ? ; mais qu’est-ce que l’on fait ?

Et là, la réponse politique est désastreuse : depuis vingt ans, près de 1 000 camions-citernes de lutte incendie ont été déclassés comme l’a indiqué un camarade animateur du collectif CGT SDIS, la disponibilité des Canadairs est limitée par des pénuries récurrentes de pièces de rechange, les hôpitaux et les SDIS manquent de moyens pour faire face à des crises de plus en plus fréquentes. La recherche de croissance fait fi des enjeux sociaux et environnementaux.

Pourtant l’argent existe : l’État verse chaque année 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises privées, sans contrôle ni contrepartie. La CGT porte des revendications précises : déblocage des crédits gelés, plan de recrutement dans les hôpitaux et les SDIS, reconnaissance de la canicule comme risque professionnel à part entière, compensation salariale pour les changements d’horaires liés à la chaleur. Et surtout : sortir d’une gestion permanente de l’urgence pour construire une vraie planification, fondée sur les besoins sociaux et non sur la rentabilité et, comme l’a évoqué Ronan dans son introduction, questionner nos modes de production, des productions que les travailleuses et travailleurs doivent se réapproprier.

Je vous rappelle par ailleurs que passé sous la barre des 20°, la mémoire climatique des médias se dégrade et parfois avec elle celle de leurs auditeurs. Il faudra donc rappeler concrètement à nos employeurs leurs responsabilités pour protéger la santé au travail des salarié·es.

Cette crise climatique se combine à une actualité internationale explosive qui montre la fragilité et la fébrilité du modèle capitaliste.

La guerre au Moyen-Orient, avec la fermeture du détroit d’Ormuz, combinée avec le conflit russo-ukrainien qui s’enlise, a fait grimper d’un coup les prix des engrais, du gaz et des carburants. Notre dépendance énergétique met en péril un modèle français qui importe des engrais pour nourrir un modèle agro-industriel entièrement accroché aux énergies fossiles. Un modèle économique et industriel qui subit de plein fouet chaque hausse du coût du baril de pétrole. L’augmentation des prix à la pompe impacte aussi lourdement les salarié·es qui n’ont d’autres alternatives que la voiture pour se rendre au travail.

C’est aussi la situation qui demeure toujours aussi critique à Gaza comme en Cisjordanie et s’étend au Sud-Liban avec au premiers rangs des victimes les populations civiles palestiniennes et libanaises qui paient le prix du sang. La politique expansionniste et belliqueuse de Netanyahou ne semble pas avoir de limites au Moyen Orient dans un contexte de prochaines élections législatives en Israël et menace la région d’un embrasement.

L’extrême-droite s’organise pour étendre son influence et prendre le pouvoir partout dans le monde. Elle se débat pour conserver ce pouvoir par tous les moyens en étant soutenue par une forme d’internationale fasciste qui facilite la circulation transnationale des thématiques xénophobes, des obsessions identitaires et des discours autoritaires. Elle s’accompagne d’une multiplication des tensions et des guerres, actuelles ou qui couvent, avec en point de mire l’énergie, l’eau, les ressources, l’alimentaire.

La journée mondiale de la paix le 21 septembre prochain sera l’occasion de rappeler que les états doivent investir dans la paix alors que nous observons une multiplication des conflits et une banalisation des horreurs perpétrées. L’UL de Nantes et l’UD appellent à un rassemblement ce 21 septembre à 18h00 devant le monument aux 50 otages.

Un collectif de citoyen·nes appelle aussi les collectifs, associations, syndicats, partis politiques à une mobilisation le samedi 26 septembre pour le climat, la paix et les solidarités et veut interpeller le Président de la République pour demander la mise en œuvre d’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation face aux catastrophe climatiques. La proposition d’initiative du SNJ évoquée par Eléonore doit aussi nourrir nos formes de d’actions.

Mais en réponse aux tensions internationales et aux enjeux climatiques, le gouvernement macroniste construit au contraire un budget 2027 fait pour la guerre, pas pour la paix, ni pour les besoins vitaux et sociaux.

Au moment où l’on nous explique qu’il n’y a plus d’argent pour les hôpitaux, l’école ou les retraites, les dépenses militaires explosent. La loi de programmation militaire prévoit 413 milliards d’euros jusqu’en 2030, et 36 milliards supplémentaires viennent d’être ajoutés. Le symbole le plus criant, c’est le nouveau porte-avions nucléaire. Budgété au départ entre 4,5 et 5 milliards d’euros, il est déjà chiffré à plus de 12 milliards dans la loi de finances
2026 soit une hausse de 150 % avant même le début du chantier.

Un budget militaire à prix canon qui a la fâcheuse habitude d’exploser !

Face à cela, le PLFSS 2027 s’annonce comme un budget d’austérité : désindexation des pensions de retraite au-dessus de 3 000 €, réduction des APL étudiantes, suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité, alors même que la branche Famille est excédentaire de 1,2 milliard d’euros.

Le choix politique est donc parfaitement clair : financer le porte-avions, financer les rafales, pas les canadairs, pas les hôpitaux, pas les études, ni les retraites.

Climat, international, tout brûle ! Il n’y a que le point d’indice des fonctionnaires qui ne dégèle pas ! Là aussi c’est aussi un choix politique de ne pas financer les salaires des fonctionnaires. Un choix partagé par le patronat dans le privé.

Dans la fonction publique, le point d’indice a perdu environ 30 % de sa valeur depuis l’an 2000. Aujourd’hui, 862 000 agent·es publics touchent une indemnité différentielle pour atteindre le niveau du SMIC. C’est une smicardisation inédite de la fonction publique. Lors du rendez-vous salarial du 8 juillet 2026, le gouvernement n’a annoncé aucune revalorisation du point d’indice et persiste à imposer une troisième année blanche.

La Fédération CGT des Services publics appelle ainsi les 3 versants de la fonction publique à une journée intersyndicale de mobilisation le 29 septembre.

Elle revendique une revalorisation immédiate de la valeur du point d’indice pour rattraper le décrochage cumulé, chiffré à 6,50 €. Mais aussi l’indexation du point d’indice sur l’inflation comme c’est le cas pour le SMIC, le relèvement indiciaire du minimum de traitement, l’égalité salariale femmes-hommes, l’abrogation du jour de carence, le retour à 100 % de la rémunération en congé maladie ordinaire mais aussi d’autres mesures que je laisserai le soin d’être complétés par nos camarades.

Renforçons cette initiative pour la défense des services publics et l’augmentation des salaires.

Côté retraites, le gouvernement veut désindexer les pensions au-dessus de 3 000 euros par mois. C’est une mesure qui touche 1,4 million de retraité·es, mais qui, une fois le principe admis, pourra facilement être étendue. Depuis novembre 2025, 14 millions de retraité·es du privé subissent en plus un gel de leur pension complémentaire Agirc-Arrco, décidé unilatéralement par le patronat, alors que les réserves de l’organisme atteignent 116,6 milliards d’euros.

Depuis 2011, la pension moyenne a baissé de 8,4 % pour les ouvriers et employés, et de 18 % pour les ingénieurs et cadres et 62 % des retraité·es touchent aujourd’hui une pension inférieure au SMIC.

L’UCR CGT appelle d’ores et déjà les retraité·es et les actif·ves à se mobiliser le 14 octobre partout en France à l’occasion de la réunion du Conseil d’Administration de l’Agirc-Arrco pour revaloriser les retraites complémentaires du privé et pour peser sur la revalorisation des pensions du régime de base au 1er janvier 2027. L’UCR donne aussi un autre rendez- vous de manifestation des retraité·es le 19 novembre à Paris. On vous invite à signer les cartes pétitions au stand à votre gauche.

Mais plus proche de nous, les retraité·es nous invitent à la fête de la CGT à la Génestrie le 10 septembre prochain. Nous y aurons à nouveau l’occasion d’échanger sur l’actualité et sur les rendez-vous revendicatifs de cette rentrée. (Pensez à vous y inscrire)

L’austérité, c’est encore la hausse des franchises médicales, des coupes dans les services publics et des attaques contre la Sécurité Sociale et son financement.

Un rapport récent du collectif Nos services publics le résume bien : les outils actuels de politique publique sont inadaptés pour répondre aux crises écologiques et sociales à la fois, et cela nourrit une dégradation qui, si elle n’est pas anticipée, finira par être subie dans la violence.

La CGT Santé rappelle que 80 000 lits ont été fermés depuis 2003, dont 45 000 ces 10 dernières années. C’est la dégradation orchestrée de notre système de santé qui a provoqué la hausse de la mortalité infantile et pousse notre pays vers une forme de tiers-mondisation au sein de l’Europe.

C’est pour s’opposer à cette politique gouvernementale d’austérité et de casse des services publics que la CGT Santé Action Sociale et la CGT Organismes Sociaux appellent à une grande journée de grève et de manifestation nationale le 15 septembre 2026 ainsi que pour réclamer plus de moyens afin de répondre aux besoins de la population. Les camarades de la Chimie (FNIC) et du Comité National des Teur·euses Privé·es d’Emploi Précaires appellent à renforcer cette initiative. RDV 14h00 au CHU Hôtel Dieu à Nantes et 13h30 à la Cité Sanitaire de St-Nazaire. Et nous restons attentifs aux modalités de la proposition d’initiative du 10 octobre évoquée par Elise.

C’est aussi la date choisie par les camarades de la FERC pour dénoncer les frais d’inscription différenciés dans l’enseignement supérieur, les attaques sur le financement de l’enseignement et la recherche et pour défendre les conditions de travail. Et par nos camarades de Mines – Energie pour s’opposer à la remise en cause du tarif agent et défendre le statut national des IEG.

Ce 15 septembre apparaît donc comme la première mobilisation CGT de rentrée sur des revendications communes à de nombreux secteurs professionnels et pour la défense des usagers des services publics.

Le privé n’est malheureusement pas épargné par le désengagement industriel de la politique menée par le gouvernement avec un funeste record de plus de 71 000 défaillances d’entreprises sur ces 12 derniers mois. Une mobilisation sera organisée le jeudi 5 novembre par nos camarades de la métallurgie pour défendre notre industrie et défendre les emplois.

La rentrée sera aussi marquée par de nouveaux temps forts autour de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, aux enfants et aux jeunes qui avait été suspendue pendant la période estivale. La Coalition pour une loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants dont fait partie la CGT appelle à une nouvelle journée nationale de mobilisation le 7 septembre pour mettre la pression à l’occasion de l’ouverture des travaux à l’Assemblée Nationale. RDV 19h devant le tribunal de St-Nazaire, modalités à venir pour Nantes.

Ce climat d’austérité s’accompagne d’un arsenal sécuritaire et de contrôle de plus en plus inquiétant. La matraque a toujours aidé pour faire avaler la pillule ! La matraque c’est la loi « RIPOST », en cours d’examen, qui généralise les amendes forfaitaires délictuelles, étend les pouvoirs de police administrative au détriment du judiciaire, et démultiplie l’usage des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (LAPI) avec un accès élargi aux services de renseignement sans contrôle judiciaire. Parallèlement, France Travail teste un algorithme de profilage des privé·es d’emploi pour cibler les contrôles avec un outil qui pourrait concerner jusqu’à 6 millions de personnes, dans la même logique que les algorithmes de notation déjà utilisés par la CNAF.

Et pour matraquer le tout, l’Assemblée nationale a validé une proposition de loi sur la « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre, une loi qui menace d’aggraver l’impunité policière.

A croire que tout est déployé, légiféré pour faciliter l’accès au pouvoir et son exercice par l’extrême-droite dont le danger est ici et maintenant. Ce n’est plus une menace abstraite. Depuis les élections municipales de mars dernier, le RN et ses alliés dirigent désormais 62 communes. Le bilan des 100 premiers jours est édifiant : subventions coupées pour les associations, festivals et expositions annulés, restriction de libertés dans l’espace public, cérémonies du 1er mai supprimées, locaux syndicaux menacés comme à Carcassonne, où la CGT est sommée de quitter la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 89 ans. Des projets d’écoles, de crèches ou de centres de traitement du cancer sont stoppés au nom de la « rigueur budgétaire », pendant que d’autres dépenses non essentielles, elles, sont maintenues ou augmentées par pur clientélisme ou affairisme.

Notre CGT, réunie en congrès à Tours en juin dernier, l’a affirmé sans détour : l’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail, des syndicalistes. Elle divise les salarié·es, s’oppose à l’augmentation du SMIC, et une fois au pouvoir, s’attaque aux fondements même de la démocratie. Comme l’a évoqué Ronan précédemment, le RN a son projet constitutionnel pour préparer un coup d’Etat institutionnel et faire passer ses lois racistes et liberticides.

N’oublions pas les horreurs passées du fascisme. Alors que l’extrême-droite aspire à gagner les futures élections présidentielles, les commémorations des fusillés de Chateaubriant du 18 octobre revêtent un rendez-vous de mémoire toujours aussi vital.

Les journées du patrimoine et du matrimoine organisées par l’IHS des 18 au 20 septembre à Nantes et St Nazaire sont aussi des rappels à l’histoire sociale et syndicale importantes.

Alors, on fait quoi ? Des dates de mobilisation sont donc déjà programmées. Elles portent la potentielle dynamique de convergence de luttes qui pourraient s’y agglomérer. Les échéances électorales professionnelles sont l’occasion de porter les revendications CGT et notre projet de société dans les collectifs de travail mais aussi en dehors.

D’un côté, les priorités du gouvernement : l’économie de guerre, l’austérité, l’adaptation individuelle au climat, le contrôle autoritaire et numérique de la population. De l’autre, nos priorités : les salaires, les retraites, le temps de travail, les services publics, les solidarités pour anticiper les catastrophes naturelles et la liberté de nous organiser.

C’est ce choix-là que nous devons rendre lisible dès cette rentrée, dans nos assemblées générales, dans nos activités syndicales, dans nos mobilisations, de manière unitaire. Et maintenant, camarades, à vous la parole

Le 08/09/2026